Le départ

Un explorateur à découvet sur Tatooine,  un cahier recouvert d’une écriture fine. C’était le journal, non daté précisément, d’une jeune Sith : Serpentine.

                                                         Douleurs d'enfant

serpentine-5.pngJai 16 ans et c’est dans le creux d’un rocher que j’ose enfin écrire ces mots.

-Serpentine ?
C'est ma mère qui parle.
-Oui ma mère ?
-Que fais-tu encore à rêvasser ? Ton père a besoin de toi !
Je me mets à trembler, mais juste un peu à présent car le temps m’a appris à carapacer ma peur. Le souvenir fugace de certains traitements innommables qu’il m’a infligés m’effleure à peine. Et aussitôt je reprends contenance.

Assise à même le sol, les pieds dans la terre , je regarde le monde autour de moi. Mon monde rassurant, fidèle mais étrange à tout être qui vient d’ailleurs : la terre rouge ma seule mère.

J’ ai 16 ans et la vie ne m’a pas épargnée. Je sers d’esclave à son père, ma mère et mon frère jumeau que je hais et c’est une bizarrerie tragique que de détester son frère jumeau Donjiin.
Je suis la bonne à tout faire, on m’a élevée dans la soumission et la violence comme un animal sans défense, qui à force de se sentir humilié, prend la force en lui avec le désir terrible de dominer le monde.
Je saute sur mes pieds, ma robe noire passée, rouge de terre. Mes cheveux emmêlés, ma peau noire et mes yeux ocre seuls fenêtres de mon âme au regard déjà vieux que je me refuse de laisser entrevoir plus de deux secondes par les êtres que je rencontre.

Je me dirige vers la maison en terre rouge. Ma mère Dzalki m’attend sur le pas de la porte, les cheveux noirs attachés négligemment par un bout d’étoffe et ce regard marron qui vire au rouge.
-Mais depêche-toi !

Au passage, elle me donne une tape sur la tête.

Mon père, Alkez, est assis au fond de la première pièce, droit, ses yeux bleus virant à un orange translucide et perçants de cruauté. Il me regarde comme s’il lisait dans mon âme.J’ai peur.

Jedi, exilés parce qu’ils avait été dominés par les pouvoirs obscurs, mon père et ma mère avaient essayé de triompher de la terrible initiation de Korridan mais en vain. Ils avaient échappé à la mort grâce à une promesse : celle d’engendrer des enfants et de les donner aux Siths avec l’épouvantable perspective de mourir dans d’atroces souffrances si les enfants échouaient leur initiation.

-Prends tes affaires et va-t-en, il est temps ! Je pousse un soupir de soulagement, mais à peine, pour qu’il ne s’en aperçoivent pas.

Puis il se leve et disparaît dans le fond de la maison tandis que son frère apparaît.
Nous nous mettons en route mais nous nous séparons dès le premier virage sans dire un mot parce qu’il n’y a rien à dire et surtout parce que nous n’avons rien à nous dire !

Longtemps je marche, les pieds nus sur les chemins poudreux et pierreux. La nuit arrive, je me couche au pied d’un rocher et s’endors, épuisée, tandis que se profile au loin l’inquiétante demeure, imposante, d’où s’échappent une épouvantable rumeur de cris de douleurs, de pleurs, de supplications.

Je bouche les oreilles de son âme : mon destin a été scellée bien avant que je n’ existe, je me sais l’instrument d’une force fascinante qui me mènera dans un monde, comme un trou noir sans fin, où tout est possible dans une totale abjection.



Suite >

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×